Vue aérienne de Shanghai illuminée la nuit, avec les gratte-ciel de Lujiazui et la rivière Huangpu

Chine et IA : où en est Pékin, et quels liens avec l’Occident ?

Entre deux annonces américaines, la Chine avance ses pions. En quelques semaines, DeepSeek a publié une nouvelle version de son modèle, Pékin a proposé de restreindre l’exportation de ses technologies d’IA les plus sensibles, et Washington et Pékin ont convenu d’ouvrir un canal dédié aux incidents liés à l’IA. Concurrence technologique, contrôle des exportations et diplomatie : le point sur la place de la Chine et ses relations avec l’Occident.

Des modèles chinois qui talonnent les américains

Le 17 octobre 2026, la jeune entreprise DeepSeek, basée à Hangzhou, a mis en ligne une mise à jour de son modèle, baptisée V4.1-Flash-1017. Selon l’entreprise, citée par Bloomberg, elle obtient de meilleurs résultats aux tests de référence, accomplit les tâches plus vite et produit des réponses plus courtes, avec des progrès en raisonnement, en programmation et dans les tâches d’agent. Ces performances sont revendiquées par DeepSeek et restent à confirmer par des tests indépendants.

La stratégie chinoise repose largement sur des modèles à poids ouverts, téléchargeables et beaucoup moins chers que les modèles propriétaires américains. La concurrence est aussi vive en Chine même, entre DeepSeek, Moonshot (Kimi), Z.ai et Alibaba (Qwen). Elle se heurte toutefois à une limite : la puissance de calcul. DeepSeek a subi cette semaine une panne d’environ cinq heures, que certains experts attribuent à un manque de ressources de calcul.

Pékin veut contrôler l’exportation de ses technologies d’IA

Le 16 octobre, les ministères chinois du Commerce et des Sciences ont publié un projet de texte visant à restreindre ou interdire l’exportation de 40 technologies, dont 23 liées à l’IA, selon l’Associated Press. Le projet prévoit notamment :

  • l’interdiction d’exporter les technologies clés de modèles entraînés sur des données nationales sensibles, ainsi que les agents d’IA conçus pour la défense ou les infrastructures critiques ;
  • des restrictions possibles pour les modèles dépassant 2 000 milliards de paramètres ou dotés de capacités de tout premier plan ;
  • des restrictions sur certaines technologies de conception de puces d’IA et de mémoire.

Il s’agit d’un projet soumis à consultation, pas encore d’une règle en vigueur. Pékin invoque la sécurité nationale, la prévention des usages abusifs et le maintien de l’IA sous contrôle humain. Un analyste cité par l’AP y voit une réponse aux exigences de souveraineté technologique adoptées par les pays occidentaux. Depuis plusieurs années, les États-Unis privent en effet la Chine des puces d’IA les plus avancées et des machines pour les fabriquer.

Avec Washington, un canal pour gérer les incidents

À l’issue d’un sommet de trois jours à Washington entre Xi Jinping et Donald Trump, les deux pays ont annoncé le 26 septembre la création d’un mécanisme de communication pour les incidents liés à l’IA, avec un dialogue spécifique prévu en novembre, selon l’Associated Press. L’objectif est de pouvoir se prévenir mutuellement en cas d’incident grave et d’échanger sur les risques et les bénéfices de la technologie.

La coopération a ses limites : le président américain a précisé que les États-Unis ne ralentiraient pas leurs efforts et ne partageraient pas leurs avancées, estimant disposer d’une avance d’un à deux ans. Le contrôle des exportations de puces reste en dehors de ce dialogue.

Une diplomatie de l’IA tournée vers le Sud

Pékin cherche aussi à peser sur les règles mondiales. Le 16 juillet, 29 pays ont signé à Shanghai l’accord fondateur de la World AI Cooperation Organization (WAICO), une organisation intergouvernementale qui aura son siège à Shanghai, rapporte L’Usine Digitale. Parmi les membres fondateurs figurent notamment la Russie, le Brésil, l’Indonésie et le Pakistan. La Chine y promet formations, coopération technique et accès à son écosystème, en particulier pour les pays du Sud. Les pays occidentaux n’en font pas partie : beaucoup d’observateurs y voient l’émergence d’un second pôle de normes, distinct des cadres portés par les États-Unis et l’Europe.

De son côté, l’Union européenne défend son propre modèle, fondé sur le règlement européen sur l’IA, et son panel scientifique vient de recommander une initiative internationale d’exigences communes pour les modèles les plus avancés (voir notre article Sécurité de l’IA : l’Europe enquête sur des incidents de perte de contrôle).

Ce que ça change pour vous

  • Des modèles performants et peu coûteux : les modèles chinois à poids ouverts sont de sérieuses alternatives techniques. Avant de les utiliser, vérifiez où vos données sont traitées : un modèle installé sur vos propres serveurs en Europe n’a pas les mêmes implications qu’un service hébergé à l’étranger, notamment au regard du RGPD.
  • Une disponibilité qui peut changer : restrictions d’exportation, exigences de souveraineté et tensions commerciales peuvent modifier l’accès à certains modèles ou services, d’un côté comme de l’autre.
  • Ne dépendez pas d’un seul fournisseur : concevez vos usages de l’IA de façon à pouvoir changer d’outil sans tout reconstruire.

Le regard éthique

La course entre la Chine et les États-Unis accélère l’innovation, mais elle fragmente aussi le monde de l’IA en blocs aux règles différentes. Chaque modèle reflète le cadre juridique et les choix de son pays d’origine. Le canal de crise sino-américain est un signal encourageant : sur la sécurité, au moins, les deux puissances reconnaissent qu’elles ont intérêt à se parler.

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Sources

Article préparé avec l’aide d’une intelligence artificielle, vérifié et validé par l’équipe webinfo108.

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